Le Musée de l’Orangerie, situé à l’entrée du jardin des Tuileries, abrite l’une des les plus célèbres de la peinture française : les Nymphéas de Claude Monet, huit immenses compositions installées dans deux salles ovales conçues spécialement pour elles à la demande du peintre lui-même. C’est donc un lieu incontournable pour les passionnés d’Impressionnisme.
Au sous-sol, la collection Walter-Guillaume réunit également des chefs-d’œuvre de Cézanne, Renoir, Matisse, Picasso, Modigliani, Soutine ou Derain : un panorama complet de la peinture moderne du début du 20e siècle, dans un musée à taille humaine qui se visite en une heure ou deux.
Tarifs et horaires du Musée de l’Orangerie
Horaires d’ouverture
- Ouvert tous les jours de 9h à 18h, sauf le mardi.
- Nocturne le vendredi jusqu’à 21h pendant les périodes d’exposition temporaire, avec tarif réduit à partir de 18h.
- Fermé le 1er mai et le 25 décembre au matin.
Tarifs du Musée de l’Orangerie
- Tarif entrée au Musée + expos temporaires : 12,50€.
- Tarif réduit / enfants : 10€.
- Tarif nocturne réduit à partir de 18h les vendredis d’exposition : 10€.
- Gratuit le premier dimanche de chaque mois, sur réservation obligatoire d’un créneau horaire.
- Inclus dans le Paris Museum Pass et dans le billet jumelé avec le Musée d’Orsay.
La réservation d’un créneau horaire en ligne est fortement conseillée, le musée étant très fréquenté malgré sa petite taille.
Réservations :
Adresse : Jardin des Tuileries, 75001 Paris
Métro : Concorde (lignes 1, 8 et 12)
Site web : https://www.musee-orangerie.fr/fr
Les Nymphéas et la collection Walter-Guillaume

Les deux salles ovales des Nymphéas constituent l’aboutissement du travail de Monet à Giverny : peintes dans les dernières années de sa vie, ces huit fresques immersives offrent une vision quasi abstraite de son jardin d’eau, sans horizon ni ligne de fuite. Monet lui-même a supervisé l’agencement des salles, inaugurées en 1927, quelques mois après sa mort.
Monet a travaillé sur ce cycle pendant près de trente ans, de la fin des années 1890 jusqu’à sa mort en 1926, en s’y consacrant pleinement à partir de 1914, à 74 ans. L’ensemble présenté à l’Orangerie provient d’un cycle de près de 300 toiles peintes par l’artiste, dont une quarantaine de grand format.
Les huit panneaux, tous d’une hauteur uniforme de 1,97 m mais de longueurs variables, couvrent au total environ 200 m² et s’étendent sur près de 100 mètres linéaires, créant ce que Monet appelait « l’illusion d’un tout sans fin ». Les deux salles en forme d’ellipse, dont le tracé évoque le symbole mathématique de l’infini, ont été pensées dans les moindres détails par le peintre lui-même, en collaboration avec l’architecte Camille Lefèvre et avec le soutien de son ami Georges Clemenceau : disposition des panneaux, circulation des visiteurs, entrées multiples, et même l’orientation du bâtiment, qui fait correspondre les scènes aux tons de lever de soleil à l’est et celles aux tons de coucher de soleil à l’ouest. Les salles ont ouvert en 1927, quelques mois seulement après la mort de Monet, sans qu’il ait pu voir son œuvre installée.
La collection Walter-Guillaume

Au niveau inférieur, la collection Jean Walter et Paul Guillaume présente un condensé exceptionnel de la peinture moderne : plusieurs Cézanne et Renoir, des Matisse, des portraits de Modigliani, des Picasso de la période cubiste, ainsi que des œuvres de Soutine, Utrillo et Derain. C’est l’un des parcours les plus denses de Paris pour sa taille.
Cette collection, exposée au niveau -2 du musée, réunit 148 œuvres rassemblées par le marchand d’art Paul Guillaume entre 1914 et sa mort en 1934, puis enrichie par sa veuve Domenica (remariée à l’architecte Jean Walter). L’État français l’a acquise entre 1959 et 1963, Domenica ayant posé comme condition qu’elle soit exposée à l’Orangerie. On y trouve notamment 25 œuvres de Renoir, 30 de Derain, 22 de Soutine, 15 de Cézanne, 12 de Picasso, 10 de Matisse, 10 d’Utrillo, 9 du Douanier Rousseau et 5 de Modigliani.
Quatre œuvres à voir en particulier :
Jeunes filles au piano — Auguste Renoir, vers 1892 (huile sur toile, 116 × 81 cm). Deux jeunes filles au piano, l’une blonde de profil lisant sa partition en jouant, l’autre brune penchée par-dessus son épaule suivant la musique. Renoir aurait peint au moins six versions de cette scène, comme s’il envisageait une série à la manière des cathédrales de Monet ; le piano représenté serait celui qu’il avait offert à sa femme pour leur mariage en 1890.
La Carriole du Père Junier — Henri Rousseau, dit le Douanier, 1908 (huile sur toile, 97 × 129 cm). Une calèche tirée par une jument qui semble flotter, en équilibre sur la pointe des sabots, entourée de trois chiens dont les proportions ont été volontairement faussées. Rousseau aurait peint ce tableau pour régler une dette envers « Père Junier », un marchand de légumes fier de son cheval. Le peintre s’est appuyé sur une photographie, mais a librement modifié la composition — allant jusqu’à répondre à un critique qui s’étonnait de la taille disproportionnée du chien noir que « son tableau l’exigeait ».
Pommes et biscuits — Paul Cézanne, 1880 (huile sur toile, 45 × 55 cm). Une nature morte composée d’une assiette et de quelques pommes posées sur un coffre, exemple de la manière dont Cézanne a élevé ce genre alors considéré comme mineur au rang de sujet majeur. Les pommes avaient pour lui une valeur symbolique, en référence à son amitié de jeunesse avec Émile Zola, qui lui en offrait en remerciement d’un service rendu. La toile est entrée dans la collection Domenica Walter en 1952.
Fille rousse — Amedeo Modigliani, 1915 (huile sur toile, 36 × 32 cm). Un portrait dans une veine cubiste très libre, réalisé après que Modigliani a abandonné la sculpture pour revenir à la peinture. Le fond, structuré par des lignes horizontales et verticales, contraste avec le visage ovale aux sourcils courbes et la chevelure rousse traitée en volutes, écho direct de ses recherches sculpturales antérieures (notamment sa série de Cariatides).
Expositions au Musée de l’Orangerie en 2026 / 2027
Henri Rousseau, l’ambition de la peinture (25 mars – 20 juillet 2026) — Une collaboration entre l’Orangerie et la Fondation Barnes de Philadelphie réunissant une cinquantaine d’œuvres, dont La Bohémienne endormie prêtée par le MoMA. L’exposition dépasse la légende du « Douanier » pour explorer, à travers ses liens avec le marché de l’art et notamment avec Paul Guillaume (qui posséda jusqu’à une cinquantaine de toiles de Rousseau), la stratégie d’un peintre cherchant à s’imposer sur la scène parisienne après avoir quitté son poste de douanier à 49 ans.
Alexandre Lenoir, Par la force des choses (25 mars – 24 août 2026) — 16ᵉ édition du Contrepoint contemporain, le cycle qui invite un artiste vivant à dialoguer avec les salles des Nymphéas. Le peintre (né en 1992) présente quatre toiles inédites, des paysages peuplés de silhouettes fantomatiques, obtenus par une technique singulière de bandes adhésives et de superpositions de couches de peinture — une démarche que le musée rapproche explicitement des recherches de Monet sur la perception et le geste de voir.

Monet, peindre le temps (30 septembre 2026 – 25 janvier 2027, puis à la Tate Modern de Londres du 25 février au 27 juin 2027) — L’exposition événement du centenaire de la mort de Monet (1840-1926), réunissant une quarantaine de toiles issues principalement du musée d’Orsay et du musée Marmottan Monet, ainsi que des prêts internationaux. Elle retrace le rapport du peintre au temps, des séries des années 1890 (Meules, Cathédrales) jusqu’aux Nymphéas, présentés comme son testament artistique — les salles ovales de l’Orangerie étant parfois surnommées la « chapelle Sixtine de l’impressionnisme ».
Vija Celmins (17ᵉ Contrepoint contemporain, concomitant à l’exposition Monet, à partir du 30 septembre 2026) — L’artiste américaine, connue pour ses représentations methodiques et quasi obsessionnelles de l’océan et du ciel, entre en résonance avec les Nymphéas autour d’une même quête : celle de fixer le mouvement de l’eau.
1927, le temps retrouvé (7 avril – 2 juillet 2027) — Pour le centenaire de l’inauguration des salles des Nymphéas en 1927, cette exposition rassemble, en s’appuyant notamment sur les collections du Centre Pompidou, des œuvres de toutes disciplines créées cette année-là, offrant un panorama transversal de cette année charnière pour l’art moderne.
Vous passez plusieurs jours à Paris ? Optez pour le Paris Museum Pass, qui inclut l’Orangerie ainsi que des dizaines d’autres musées et monuments.
Pourquoi visiter le Musée de l’Orangerie ?
En une heure ou deux, le Musée de l’Orangerie offre l’une des expériences artistiques les plus intenses de Paris : les Nymphéas de Monet vous enveloppent littéralement, et la collection Walter-Guillaume complète parfaitement la visite. C’est une étape parfaite pour les visiteurs pressés ou pour prolonger une balade dans le jardin des Tuileries.
Retrouvez aussi notre guide des Musées à Paris
